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30 % de jeunes qui étaient dans cette situation au début des années
1980. Autre référence de la commission européenne, l’indicateur dit
de « sorties précoces » mesure la proportion de jeunes âgés de 18 à
24 ans qui n’ont ni terminé avec succès un enseignement secon-
daire de second cycle, ni suivi d’études ou de formation au cours
du mois précédent. Pour la France, il est proche, selon des données
provisoires,de 10%en 2013
(
indicateur 27
)
,avec un objectif européen
fixé à 10%.
S’agissant des acquis des élèves, les évaluations nationales
ou internationales montrent la persistance d’une forte inégalité
de performances dans la maîtrise des compétences de base,
sensible dès l’enseignement primaire et rarement surmontée dans
le secondaire.
La maîtrise du socle commun a été évaluée en 2013 pour la compé-
tence 1 (la maîtrise de la langue française) et la compétence 3 (les
principaux éléments de mathématiques, la culture scientifique et
technologique). Variant de 70 % à 80 % selon le niveau scolaire et
le champ concerné, elle se révèle bien plus faible pour les élèves
en retard, avec un écart d’environ 40 points dans le primaire et
30 points au collège
(
indicateur 18
)
.
Dans le cadre du cycle d’évaluations disciplinaires réalisées sur
échantillon (CEDRE), la reprise en 2013 des évaluations de 2007 sur
les compétences en sciences des élèves en fin d’école élémentaire
et de collège permet de comparer leurs performances à six ans
d’intervalle. Il en ressort une assez grande stabilité, mais avec,
comme les années précédentes en langues et histoire-géographie,
de fortes différences de niveau selon le contexte socio-scolaire
plus ou moins favorisé de la classe
(
indicateurs 19 et 20
)
.
S’agissant d’enquêtes internationales, les résultats de PISA 2012
montrent, comme ceux de PIRLS l’an dernier, que notre pays occupe
toujours, cette fois pour les jeunes de 15 ans, un rang médiocre,
proche de la moyenne de l’OCDE, voire légèrement au-dessus en
compréhension de l’écrit
(
indicateurs 21 et 22
)
.
Les compétences en lecture des jeunes d’environ 17 ans, évaluées
lors des Journées défense et citoyenneté (JDC), montrent lors des
dernières années qu’environ 80 % des jeunes français sont des
lecteurs efficaces. Le pourcentage de jeunes en difficulté diminue
légèrement ces dernières années, un peu plus nettement parmi les
garçons qui restent plus nombreux que les filles à éprouver des
difficultés de lecture
(
indicateur 23
)
.
Des conditions d’insertion qui s’aggravent
sensiblement pour les sans diplôme
L’insertion professionnelle des jeunes est davantage sensible aux
variations conjoncturelles ; et l’impact est plus fort pour les jeunes
quittant l’école sans diplôme, plus durement touchés par la montée
du chômage. Leur situation devient particulièrement inquiétante
dans la conjoncture actuelle qui voit leur taux de chômage
s’approcher de 50 %, quelques années après la fin de leurs études :
près de 49 % en 2013 contre un peu plus de 20 % pour l’ensemble
des jeunes sortis de formation initiale depuis un à quatre ans
(
indicateur 30
)
. Plus le niveau de formation augmente, plus le risque
de chômage diminue. Les fortes disparités d’insertion entre niveaux
de diplôme, déjà constatées par le Céreq dans les enquêtes précé-
dentes, se trouvent encore accentuées pour la génération 2010.
Les non-diplômés sont en première ligne face aux dégâts causés
par la crise. Près d’un jeune actif non-diplômé sur deux de la
génération 2010 se déclare ainsi en recherche d’emploi trois ans
après la sortie du système éducatif, soit 17 points de plus par
rapport à la Génération 2004
(
indicateur 32
)
.
La persistance des inégalités sociales
Le milieu social demeure déterminant dans la réussite scolaire.
Ainsi, les enfants d’ouvriers sont 57 % à obtenir le baccalauréat,
mais c’est le cas de 85 % des enfants de cadres ou de professions
intermédiaires
(
indicateur 29
)
. De tous les pays de l’OCDE, la France
est celui où la performance en culture mathématique est, dans PISA
2012, la plus fortement liée au statut économique, social et culturel
(SESC) des élèves : l’écart de score associé à la variation d’une unité
de l’indice SESC est de 57 points en France, contre 39 points en
moyenne pour l’OCDE
(
indicateur 21
)
. Il a augmenté de 14 points
depuis 2003.
Les inégalités sociales se manifestent également dans les parcours
des élèves. Les enfants d’ouvriers et d’inactifs représentent près
des trois quarts de la population accueillie dans les collèges du
dispositif Éclair
(
indicateur 10
)
.Ilsmaîtrisent moins bien les compé-
tences de base et fréquentent moins souvent que les enfants de
L’état de l’École 2014
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