etat_ecole_2014 - page 7

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enseignants, sans rapport direct avec l’évolution des effectifs
d’élèves
(
indicateur 7
)
.
En lycée, plus de la moitié de l’enseignement est désormais dis-
pensée en présence de groupes réduits d’élèves
(
indicateur 12
)
.
Un niveau de qualification plus élevé
Durant trois décennies, notre système éducatif a connu un profond
développement quantitatif lié à l’essor de la scolarisation en mater-
nelle, la généralisation de l’accès à l’enseignement secondaire au
cours des années 1960 et 1970, et l’afflux massif des collégiens
dans les seconds cycles à partir du milieu des années 1980, à
destination d’un baccalauréat général, technologique ou profes-
sionnel, puis de l’enseignement supérieur.
Par ailleurs, la France bénéficie depuis une vingtaine d’années
d’une reprise démographique sensible : ces dernières années elle
compte ainsi environ 820 000 naissances annuelles contre seule-
ment 750 000 au milieu des années 1990. Largement atténué dans le
premier degré par le recul simultané de la scolarisation à deux ans,
entre 2000 et 2012
(
indicateur 11
)
, ce mouvement gagne maintenant
le second degré, et en premier lieu les collèges dont les effectifs
progressent de 50 000 de 2011 à 2013. La population scolaire est
à nouveau en hausse et ce mouvement se poursuivra dans les
prochaines rentrées.
L’École a permis aux jeunes générations d’atteindre des niveaux de
formation nettement plus élevés que leurs aînées. L’objectif annoncé
au milieu des années 1980 d’amener 80 % d’une génération en
classe terminale, au niveau du baccalauréat, a conduit à une
élévation spectaculaire du taux d’accès au terme de l’enseignement
secondaire de plus de 30 points en l’espace d’une décennie. Une telle
progression a permis à la France de rattraper son retard sur les autres
pays développés. Cette élévation des niveaux de formation s’est
accompagnée d’une démocratisation de notre système éducatif.
Les collèges puis les lycées se sont progressivement ouverts à
tous. Parmi les générations de jeunes nés à la fin des années 1980,
57 % des enfants d’ouvriers ou d’employés deviennent bacheliers,
et sont souvent les premiers à l’être dans leur famille. Ils étaient
à peine plus de 20 % dans ce cas dans les générations des années
1960
(
indicateur 29
)
.
La rénovation de la voie professionnelle permet désormais aux
lycéens de préparer un baccalauréat professionnel en trois ans.
Aux rentrées 2010 et 2011, ont ainsi accédé en terminale à la fois
les élèves issus de l’ancien cursus (BEP plus 2 ans de préparation au
baccalauréat) et les élèves issus du nouveau cursus réduit à
trois ans. Dans ces conditions, le taux d’accès au niveau IV a bondi,
d’abord de 8 points à la rentrée 2010, puis de 8 points en 2011
(passant de 71 % à 79 % puis 87 % -
indicateur 24
). Dans la foulée,
la proportion de bacheliers dans une génération a connu une
progression parallèle : partant de 65 % en 2010, elle passe à 71 % à
la session 2011 puis 77 % en 2012
(
indicateur 25
)
. Ce mouvement
prend fin au sortir de la phase de transition,mais l’accès au niveau IV
(84 % à la rentrée 2013) et la proportion de bacheliers (77 % à la
session 2014) restent nettement supérieurs aux valeurs antérieures,
notamment dans la voie professionnelle.
La durée totale de scolarisation, de la maternelle jusqu’à la fin
des études supérieures, se stabilise cependant un peu au-dessus
de 18 années
(
indicateur 9
)
. Si la quasi-totalité des générations
parvient au terme du collège, l’orientation vers un second cycle
général a d’abord bénéficié d’un engouement à la fin des années
1980. Elle a ensuite connu un tassement au profit des formations
professionnelles, notamment agricoles et sous statut d’apprenti,
puis s’est de nouveau orientée à la hausse au cours des années
2000
(
indicateur 14
)
.
Un nombre important de laissés pour compte
Lors du sommet de Lisbonne en mars 2000, les pays européens
se sont accordés pour promouvoir une société et une économie
fondées sur la connaissance. Ils se sont notamment donnés comme
objectif de réduire le nombre de personnes peu qualifiées,
« menacées d’exclusion économique et sociale ». La commission
européenne a fait le constat que « beaucoup trop de jeunes quittent
l’école sans avoir acquis les compétences nécessaires pour parti-
ciper à la société de la connaissance et intégrer facilement le
marché de l’emploi ».
La France n’est pas épargnée par cette forme d’échec scolaire.
Selon l’enquête Emploi, 15 % de jeunes ont achevé de 2010 à 2012
leurs études secondaires sans diplôme ou avec le seul brevet
(
indicateur 26
)
. Cette proportion est néanmoins très inférieure aux
L’état de l’École 2014
1,2,3,4,5,6 8,9,10,11,12,13,14,15,16,17,...88
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