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epuis sa première parution en 1991,
L’état de l’École
rassemble
des indicateurs essentiels pour analyser notre système éducatif
et apprécier l’impact des politiques mises en œuvre. Structuré
autour des moyens mis en œuvre, des conditions de scolarisation et
des résultats des élèves, ce numéro 24 met en évidence les prin-
cipales évolutions et propose des comparaisons internationales.
Il souligne les efforts engagés ainsi que les progrès restant à
accomplir, notamment enmatièred’inégalités liéesà l’originesociale
des élèves.
Selon une démarche complémentaire de rapports d’évaluation
ou d’études internationales, cette nouvelle édition doit contribuer
à éclairer les mesures à prendre en faveur de la réussite de tous
les élèves.
La dépense intérieure d’éducation toujours en hausse
En 2013, la France a consacré à l’ensemble de son système éducatif
(métropole et DOM) 144,8 milliards d’euros, ce qui représente un
montant de 2 200 euros par habitant, ou 8 320 euros par élève ou
étudiant.
La part de la dépense intérieure d’éducation (DIE) dans la richesse
nationale (PIB) s’était sensiblement accrue au début des années
1990, pour atteindre 7,6 % de 1993 à 1997, contre 6,4 % en 1980,
progression due notamment à l’effort important des collectivités
territoriales ainsi qu’à la revalorisation de la rémunération des
personnels enseignants. De 1998 à 2008, en revanche, cette part
décroît régulièrement pour revenir à 6,7 %, le PIB enregistrant une
progression plus forte que celle de la DIE (+ 21,4 % contre + 8,4 %).
En 2009, en partie sous l’effet de la récession, la part de la DIE dans
le PIB remonte à 7,1 %, puis subit à nouveau une légère baisse pour
atteindre 6,8 % en 2012 et 2013.
Depuis 1980, la dépense d’éducation connaît une progression de
90 %, à prix constants, qui s’explique moins par l’accroissement
du nombre d’élèves et d’étudiants que par celui du coût de chaque
élève. Durant cette période, les coûts ont davantage progressé
pour un élève du premier degré (+ 88 %) et du second degré (+ 63 %),
que pour un étudiant (+ 40 %). Si ces rythmes respectifs ont eu
tendance à changer ces dernières années, avec une hausse plus
rapide de la dépense par étudiant de 2006 à 2009, la dépense
moyenne dans le premier degré est la seule à ne pas baisser,
en euros constants, en 2012 et 2013, à la différence de celles du
second degré et du supérieur.
Par rapport aux principaux pays développés, la France présente
toujours une dépense d’éducation rapportée au PIB équivalente
à la moyenne OCDE (6,1 % en 2011, hors formation continue) et des
dépenses par élève nettement inférieures à la moyenne dans
l’enseignement élémentaire, mais en revanche supérieures dans
le second degré, plus particulièrement en lycée. Depuis 2008, la
dépense par étudiant situe la France au-dessus de la moyenne des
pays de l’OCDE, pour la dépense annuelle et la dépense cumulée
sur la durée moyenne des études supérieures
(
indicateurs 2, 3 et 4
)
.
Si le poids de l’enseignement supérieur dans la dépense d’éducation
s’est accru depuis 1980
(
indicateur 4
)
, c’est d’abord en raison de la
hausse des effectifs d’étudiants. Les coûts unitaires ont en revanche
nettement moins progressé que dans l’enseignement scolaire, du
moins jusqu’au milieu des années 2000. Une reprise de l’effort en
faveur de l’enseignement supérieur est cependant engagée et la
dépense par étudiant dépasse nettement en 2013 la moyenne
observée pour un élève du second degré (11 540 euros contre 9 440).
Le coût de l’étudiant universitaire reste cependant inférieur à celui
d’un lycéen général et technologique et plus encore professionnel
(10 850 euros contre 10 960 et 12 210).
L’État assume de manière prépondérante le financement de la
dépense d’éducation, à hauteur de 57,0 % en 2013, dont 52,6 %
pour le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement
supérieur et de la Recherche. Son budget sert d’abord à rémunérer
des personnels. Les collectivités territoriales contribuent pour
près d’un quart au financement « initial » de l’éducation en 2013.
Cette part, qui s’est accrue avec les vagues successives de
décentralisation, est plus élevée (40,3 %) dans le premier degré, où
les communes prennent en charge les dépenses de personnels
non-enseignants, ainsi que les dépenses de fonctionnement et
d’investissement des écoles
(
indicateur 2
)
.Le premier degré a connu
une nette augmentation des taux d’encadrement, qui ne s’est pas
poursuivie au-delà de la rentrée 2003
(
indicateur 11
)
.
Le second degré, qui dispose de moyens relativement impor-
tants par rapport aux pays comparables, a cependant fait
l’objet sur la période 2003-2013 d’une forte baisse des personnels
Présentation
L’état de l’École 2014
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