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la situation d’évaluation est alors centrale. Les auteurs détaillent deux
dispositifs d’évaluation – l’un national (IVQ), l’autre international (Piaac) –
complémentaires, mais qui affichent des différences méthodologiques liées à
différents objectifs ainsi qu’aux leçons que la France a pu tirer de précédentes
enquêtes sur le sujet.
Les quatres articles suivants portent sur des questions méthodologiques
précises : méthodes de sondage, questions de motivation, seuil de maîtrise et
passage au numérique.
En France, les programmes d’évaluations standardisées ont pour objectif
le pilotage d’ensemble du système éducatif ; ils sont donc principalement
réalisés sur échantillons. Dès lors, des questions d’ordre technique se
posent. Elles sont abordées par Émilie G
arcia
, Marion L
e
C
am
et Thierry R
ocher
(
Méthodes de sondages utilisées dans les programmes d’évaluations des élèves
) :
comment tirer un échantillon « représentatif » de la population ? Comment
éviter de tirer deux fois la même école pour deux évaluations différentes ?
Comment tenir compte des non-réponses ? Comment mesurer l’erreur
d’échantillonnage inhérente à cette démarche ? Les auteurs proposent des
réponses à travers une présentation pédagogique des méthodes et selon
une démarche empirique, reposant sur des simulations. En filigrane, les
auteurs montrent tout l’intérêt de tenir compte des informations disponibles
en amont sur les élèves ou sur les établissements, pour améliorer la qualité
des échantillons et des résultats. Notons avec eux au passage que ces
informations sont aujourd’hui inégalement disponibles dans notre système :
présentes dans le second degré, quasi-absentes dans le premier degré.
Une fois les élèves sélectionnés, se pose la question de leur participation et de
leur implication dans l’activité d’évaluation. De nombreux travaux, notamment
issus de la psychologie sociale, ont montré l’importance du contexte de
l’évaluation sur les résultats eux-mêmes. En l’occurrence, les programmes
d’évaluations standardisés en cours en France ne comportent aucun enjeu
pour les élèves. Dans un système largement dominé par la notation, les élèves
ne sont pas notés à l’issue de la passation d’une évaluation standardisée,
n’ont pas connaissance de leurs résultats individuels et ne reçoivent pas
d’incitations financières (à l’inverse de certains pays pour l’évaluation PISA).
Dès lors, quel degré d’implication peut-on attendre des élèves ? Comment le
mesurer ? Et quel lien peut-on faire entre leur niveau d’implication et leurs
résultats ? C’est à ces questions que tentent de répondre Saskia K
eskpaik
et
Thierry R
ocher
(
La motivation des élèves français face à des évaluations à faibles
enjeux – Comment la mesurer ? Son impact sur les réponses
) en proposant un
instrument de mesure de la motivation des élèves envers l’évaluation.
À supposer que les élèves aient témoigné d’un degré demotivation satisfaisant
et que l’on puisse les classer selon un score en fonction de leurs réussites et
de leurs échecs aux items qu’ils ont passés, certains programmes doivent
alors produire un résultat « normatif ». C’est le cas des indicateurs calculés
AVANT-PROPOS
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