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Les comparaisons diachroniques ont l’avantage de révéler des points forts
et des points faibles, en coupe, mais elles ne permettent pas de saisir la
dynamique des évolutions de compétences. La DEPP conduit depuis les années
1960 des études longitudinales, appelées « panels ». Le panel d’élèves entrant
en sixième à la rentrée 2007 est sans doute le panel le plus riche qu’ait conduit
la DEPP : environ 35 000 élèves, évalués en fin de sixième, trois ans plus tard,
en fin de troisième, deux prises d’informations sur les familles, des évaluations
sur les aspects cognitifs mais également affectivo-motivationnels. Ce panel
constituera très certainement une source majeure de connaissance pour la
recherche en éducation dans les années futures. À partir de ces données, Linda
B
en
A
li
et Ronan V
ourc
h
ont conduit une analyse sur l’évolution, de la sixième
à la troisième, du niveau des élèves dans les différents domaines évalués, en
fonction de leurs caractéristiques familiales. Cette étude est importante, car
elle permet de renouveler les analyses sur les inégalités sociales à l’école.
Elle montre que les inégalités sociales sont relativement figées de la sixième
à la troisième, dans des disciplines telles que la lecture-compréhension et
le raisonnement logique, mais qu’elles augmentent en mathématiques et en
mémoireencyclopédique.C’est l’intérêtdecetteétudedepréciser laconstruction
des inégalités sociales, en distinguant différentes dimensions des acquis, alors
que les études sur les inégalités sociales portent très majoritairement sur les
parcours ou les diplômes.
Il est difficile de réaliser un numéro spécial sur les évaluations des acquis
sans faire référence aux évaluations internationales qui occupent une place
importante dans ce domaine. Les nombreux rapports publiés rendent compte
de résultats très variés, mais ils évoquent assez rarement les résultats sur
le contenu même de l’évaluation. Rapidement, l’attention se concentre sur
des palmarès globalisants des pays sur une échelle dont on perd de vue
la façon dont elle a été construite. C’est précisément l’objectif de l’article
d’Éric R
oditi
et de Franck S
alles
(
Nouvelles analyses de l’enquête PISA 2012
en mathématiques – Un autre regard sur les résultats
) que de revenir sur les
principes de conception des items. Les auteurs sortent d’une analyse selon
« le niveau en mathématiques » pour déconstruire le score global et montrer
les leçons très utiles à tirer d’un point de vue pédagogique, dès lors que l’on
adopte une grille de lecture pertinente et que l’on affine la granularité des
analyses.
Toujours dans le domaine des mathématiques, l’article suivant offre
néanmoins une toute autre perspective. Stéphane H
errero
, Thomas H
uguet
et
Ronan V
ourc
h
(
Évaluation des compétences des jeunes en numératie lors de la
Journée défense et citoyenneté
) font état des résultats obtenus par les jeunes
Français au test de numératie, introduit dans les tests de la Journée défense
et citoyenneté (JDC) sur un large échantillon. La corrélation obtenue avec
les résultats aux tests de lecture passés par tous les jeunes toute l’année
montre la spécificité des difficultés des jeunes dans le domaine de l’usage des
mathématiques. Cette évaluation se révèle riche d’enseignements, mais plus
AVANT-PROPOS
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