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dans le cadre de la LOLF (Loi organique relative aux lois de finances) qui
reposent sur les pourcentages d’élèves qui maîtrisent les compétences du
socle commun. Nicolas M
iconnet
et Ronan V
ourc
h
(
Détermination de standards
minimaux pour évaluer les compétences du socle commun
) montrent que
le statisticien ne peut pas répondre seul à la question de la détermination
de seuils de réussite. En effet, il s’agit de se prononcer sur la « maîtrise »
d’une compétence, au regard des objectifs visés et de ce qui est proposé dans
l’évaluation. Les auteurs décrivent et appliquent des méthodes spécifiques
développées pour répondre à cette problématique. Elles visent à croiser le
jugement d’« experts » pédagogiques avec un corpus de données empiriques.
Étant donné la valeur normative du résultat produit par l’évaluation, il est
important que ces méthodes soient explicitées.
Le dernier article de cette partie axée sur la méthodologie porte sur un sujet
d’actualité : la transition des évaluations, habituellement passées sous un
format papier-crayon, vers un format numérique. Pascal B
essonneau
, Philippe
A
rzoumanian
et Jean-Marc P
astor
(
Une évaluation sous forme numérique est-
elle comparable à une évaluation de type « papier-crayon » ?
) présentent les
résultats de deux expériences consistant à comparer les résultats obtenus aux
mêmes épreuves, envisagées selon les deux formats différents. Si les auteurs
parviennent à identifier certains paramètres pouvant expliquer les écarts
obtenus, ils montrent qu’il n’est pas aisé de contrôler l’effet du passage à un
environnement numérique sur la difficulté de la tâche proposée. C’est l’un des
défis à venir : répondre à la préoccupation légitime de continuité des séries
de résultats, indépendamment du format d’interrogation. Cependant, au-delà
de cette attitude « conservatrice » visant à une simple dématérialisation des
évaluations, notamment pour des raisons financières, les futures évaluations
devraient grandement profiter du passage au numérique en termes de contenu
(format des items, données de navigation des élèves, items interactifs, etc.).
Après ces considérations méthodologiques, les cinq articles suivants portent
sur des analyses et des résultats issus de données d’évaluations.
Tout d’abord, l’article de Sylvie B
euzon
, Émilie G
arcia
et Corinne M
archois
(
Les
compétences des élèves français en anglais en fin d’école et en fin de collège – Quelles
évolutions de 2004 à 2010 ?
) rend compte des résultats des évaluations Cedre en
anglais, la focale étantmise sur l’évolution du niveau de compétence des élèves de
2004 à 2010. La période envisagée se révèle intéressante. À l’école, les résultats
positifs peuvent être rapprochés de la politique d’apprentissage précoce de la
deuxième langue. Au collège, en revanche, le tableau est moins glorieux : malgré
les efforts de l’institution sur la place de l’oral dans l’enseignement de l’anglais,
le niveau baisse et les inégalités augmentent. L’autre apport important de l’article
est de montrer l’importance du caractère standardisé des évaluations. Ainsi, en
fin de troisième, Cedre, tout comme l’enquête européenne ESLC, montre qu’au
plus 40 % des élèves maîtrisent le niveau A2 du cadre de référence européen,
alors que la validation de ce même niveau, telle qu’enregistrée dans le livret
personnel de compétences (LPC) dépasse 90 %...
ÉDUCATION & FORMATIONS N° 86-87 MAI 2015
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