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L’innovation à l’éducation nationale – Etat des lieux en mars 2013
Les lieux de l’innovation
D’où vient l’innovation : de haut en bas ou de bas en haut ?
L’innovation peut prendre deux directions : descendante ou ascendante. Dans le
premier cas, l’échelon national ou académique choisit de lancer une initiative
innovante : expérimentation à grande échelle ou création d’une structure
expérimentale. Dans le second cas, une équipe éducative développe une pratique
pédagogique innovante, laquelle est identifiée, évaluée, valorisée et diffusée à plus
grande échelle. Aujourd’hui, au sein du système éducatif, les deux démarches existent.
Du côté de l’innovation descendante ou
top-down
, une tendance a été le recours aux
« expérimentations nationales » : une vingtaine environ depuis 2009, elles ont porté sur
de nombreux domaines, de l’organisation du temps scolaire (« cours le matin, sport
l’après-midi ») à la création de nouvelles structures (les internats d’excellence), en
passant par des thématiques plus disciplinaires (« philosophie avant la terminale »). Elles
ont pour point commun de faire l’objet d’un pilotage et d’une évaluation construits au
niveau national.
Du côté de l’innovation ascendante ou
bottom-up
, on retrouve le réseau des CARDIE
(conseillers académique en recherche et développement, innovation et
expérimentation), animé par le DRDIE à la DGESCO
5
. L’objectif de ce réseau académique
est l’identification, l’appui et la valorisation des équipes innovantes sur le terrain, puis la
diffusion des innovations les plus réussies. Il dispose pour cela d’outils de recensement
des innovations (la base Expérithèque déjà citée) et d’échange et de mutualisation des
pratiques (le réseau social Respire et ses 4000 contributeurs). En dehors de l’institution,
il existe également des réseaux d’enseignants innovants, dont par exemple le forum des
enseignants du Café pédagogique, spécialisé notamment dans l’usage des outils
numériques, ou encore des réseaux sociaux d’enseignants comme le
LeWebPédagogique.
Pour chacune de ces deux démarches, les avantages et les inconvénients sont désormais
bien identifiés. Avec l’innovation descendante, on peut bénéficier d’emblée d’une
diffusion à grande échelle mais on risque en revanche d’imposer aux acteurs de terrain
un projet où ils ne s’engagent pas vraiment faute de concertation préalable, de
formation soutenue et d’accompagnement pendant et après la mise en œuvre de
l’expérimentation. Avec le
bottom-up
, ce risque n’existe pas, puisque le projet est porté
par des initiatives de terrain. L’enjeu est plutôt la qualité de l’évaluation, la validation
des pratiques et la capacité à effectuer une diffusion à plus grande échelle.
5
Cf. organigramme simplifié de l’innovation au sein de l’éducation nationale et présentation des
membres du DRDIE en annexe de ce dossier