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L’innovation à l’éducation nationale – Etat des lieux en mars 2013
nombreuses innovations sont portées par des enseignants qui mobilisent les nouvelles
technologies pour la réussite de tous leurs élèves. Pour autant, toute technologie
nouvelle n’est pas pédagogiquement innovante pour autant. Et surtout, l’innovation ne
se réduit pas au numérique : une nouvelle organisation du temps de la classe, une
relation enseignants-élèves plus adaptée aux élèves décrocheurs, une notation qui
donne confiance au lieu de décourager, une pratique ingénieuse pour mieux accueillir
ou impliquer les parents sont autant d’innovations précieuses, certes sans technologie,
mais avec un bénéfice réel pour la réussite éducative de tous.
Idée reçue n°3 : « L’innovation, c’est bien mais traitons d’abord les vrais
problèmes »
Le grand public, les parents, mais aussi les enseignants eux-mêmes le disent parfois :
l’innovation, c’est bien ; mais réussissons d’abord à accomplir les missions
fondamentales de l’école : apprendre à tous les enfants à lire et compter, donner un
diplôme à chacun – l’innovation, on verra après. Elle apparaît alors comme un luxe, voire
un gadget.
Or, écoutons plutôt les équipes engagées dans une démarche d’innovation : l’innovation
est au cœur de leur classe, de l’école et de l’établissement. L’innovation, c’est un
professeur des écoles qui arrive dans une classe difficile et qui comprend que ses
manières habituelles d’enseigner ne fonctionnent plus ; c’est un principal de collège qui
ne parvient pas à impliquer les parents dans le parcours et l’orientation de leurs enfants,
et qui comprend qu’il doit faire autrement. Bien souvent, l’innovation n’est pas un luxe,
mais ce à quoi on doit recourir lorsque les pratiques traditionnelles ont montré leurs
limites. C’est sans doute pourquoi l’innovation est plus présente en éducation prioritaire
qu’ailleurs et que ses thèmes principaux renvoient aux questions les plus centrales de
notre école : la difficulté scolaire, l’estime de soi des élèves, le décrochage.
Idée reçue n°4 : « L’innovation doit être innovation de rupture : il faut tout
changer »
Innovation graduelle ou innovation de rupture ? Le débat existe aussi au sein de
l’éducation nationale. Pour certains, les difficultés que rencontrent notre école
appellent l’ambition de tout reconstruire, de partir de zéro. Il faut créer des structures
nouvelles, libérées des contraintes traditionnelles. Pour d’autres, au contraire, si
l’innovation doit bénéficier à chaque élève et non à quelques-uns, il faut faire évoluer
les pratiques des écoles et établissements ordinaires de manière progressive, afin que
les innovations puissent espérer se diffuser largement dans l’ensemble du système
éducatif.
Les deux démarches sont-elles compatibles ? Le débat reste ouvert !